Elle commence par perdre le sourire ombre rase qui longe les murs puis se vide de mots inutiles et trop bavards sa bouche muette s'étire devient ligne de hasard tendue comme un fil de soie elle se dit qu'elle pourrait fondre devenir flaque peau plus diaphane encore disparaître dans le ventre de l'univers
vendredi 9 novembre 2007
Fragment de pierre sur la ligne de coeur tombé petite résonnance de l'intérieur
Ô mon bel enfant n'aies pas peur du vide car c'est le vide qui t'a enfanté écoute l'appel du vent le murmure du silence goûte les plis de l'air emplis-toi des odeur fortes de la terre respire la beauté secrète inscrite en toute chose puise ta force dans l'obstacle ne crains ni l'aveugle ni le sourd car ils sont sages regarde avec ton âme et laisse-toi convaincre que la brisure peut être douce tu es le chasseur de lumière le choisi d'entre tous notre gardien d'étoiles tu es l'innocence oubliée tu es le vent du soir qui siffle à l'oreille de celui qui sait qu'il va mourir tu es la tempête nécessaire tu es l'amour donne ta force au monde
Dans la marge insolite du chemin des mémoires j’aurai voulu graver ces mots nomades et ces non-dits ces lettres imparfaites et sauvages que la vie désavoue dans la griserie de la vitesse les sentiments sont acculés dénoncés il n’y a plus de nuit privée où le cœur cogne sous les mots sourds et l’habitude castratrice met de l’ordre dans les amours illicites la communication ne se fait plus qu’en termes codés et dans la clandestinité nous sommes en partance pour nulle part nos promesses nos désirs sont hiérarchisés nous ne faisons plus de halte dans le commencement d’éternelle nuit nos yeux sont cernés de solitude nos mots aseptisés sont déjà bâillonnés avant qu’ils ne soient cris ces mots qui ne sont rien si tu ne les sais pas