Je m'appelle Isoha
à petits pas
je tisse
l'herbe du temps
à peu de mots
je hâte
le glissement du vent
j'ai peur du noir
j'esquisse en bleu
longues veinures
sur ma peau blanche
samedi 8 décembre 2007
lundi 26 novembre 2007
vendredi 23 novembre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
je sais
le chant primordial
qui relie
je sais
les masques
les parures
les détournements de sens
je sais
l'inassouvi
l'inquiètude
le tremblement
je vais
à l'écoute
de la musique intérieure
qui me ramène
au monde
je sais
le chant primordial
qui relie
je sais
les masques
les parures
les détournements de sens
je sais
l'inassouvi
l'inquiètude
le tremblement
je vais
à l'écoute
de la musique intérieure
qui me ramène
au monde
mardi 13 novembre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
dans la pierre
il y a tout le pouvoir
de ma sorcière intérieure
je la garde
au fond de ma poche
blanche
elle me rassure
Le ciel
et l'enfer
ne me font pas peur
ce sont juste des mots
qui claquent
il faut descendre à l'intérieur
pour se souvenir
des mémoires oubliées
fils bleus
tissés
d'un amour infini
entremêlés
mailles déchirées
signes de ruptures
puis noués ensemble
par d'aimantes Pénélopes
gardiennes
du secret de vie
dans la pierre
il y a tout le pouvoir
de ma sorcière intérieure
je la garde
au fond de ma poche
blanche
elle me rassure
Le ciel
et l'enfer
ne me font pas peur
ce sont juste des mots
qui claquent
il faut descendre à l'intérieur
pour se souvenir
des mémoires oubliées
fils bleus
tissés
d'un amour infini
entremêlés
mailles déchirées
signes de ruptures
puis noués ensemble
par d'aimantes Pénélopes
gardiennes
du secret de vie
lundi 12 novembre 2007
De mémoire...
Petite nocturne de Chopin
s’égrène
dans l’aube calme
le vent est tombé
rien ne demeure
que la résonance obscure
du silence
pas de mots
pas de fenêtres
Les murs sont hauts
peut- être douloureux
il faut toucher l’air
avec la bouche
et ne pas s’attendrir
la courbe de ta hanche
posée
comme un blasphème
sur le drap chaud encore
si simple
si vivante
si vraie
s’égrène
dans l’aube calme
le vent est tombé
rien ne demeure
que la résonance obscure
du silence
pas de mots
pas de fenêtres
Les murs sont hauts
peut- être douloureux
il faut toucher l’air
avec la bouche
et ne pas s’attendrir
la courbe de ta hanche
posée
comme un blasphème
sur le drap chaud encore
si simple
si vivante
si vraie
De mémoire...
C'est un temps vide
de temps
de sens
de vie
âme en peine
gisante
éclairée par la lune
début d'une errance
où les mots
n'ont pas cours
la force
vient de là
à petits pas
elle nourrit
de temps
de sens
de vie
âme en peine
gisante
éclairée par la lune
début d'une errance
où les mots
n'ont pas cours
la force
vient de là
à petits pas
elle nourrit
dimanche 11 novembre 2007
samedi 10 novembre 2007
De mémoire...
Elle commence
par perdre le sourire
ombre rase
qui longe les murs
puis
se vide
de mots
inutiles
et trop bavards
sa bouche
muette
s'étire
devient
ligne de hasard
tendue
comme un fil de soie
elle se dit
qu'elle pourrait fondre
devenir flaque
peau plus diaphane encore
disparaître
dans le ventre
de l'univers
par perdre le sourire
ombre rase
qui longe les murs
puis
se vide
de mots
inutiles
et trop bavards
sa bouche
muette
s'étire
devient
ligne de hasard
tendue
comme un fil de soie
elle se dit
qu'elle pourrait fondre
devenir flaque
peau plus diaphane encore
disparaître
dans le ventre
de l'univers
vendredi 9 novembre 2007
samedi 3 novembre 2007
vendredi 2 novembre 2007
De mémoire...
Ô mon bel enfant
n'aies pas peur du vide
car c'est le vide qui t'a enfanté
écoute l'appel du vent
le murmure du silence
goûte les plis de l'air
emplis-toi des odeur fortes
de la terre
respire la beauté secrète
inscrite en toute chose
puise ta force dans l'obstacle
ne crains ni l'aveugle
ni le sourd
car ils sont sages
regarde avec ton âme
et laisse-toi convaincre
que la brisure
peut être douce
tu es le chasseur de lumière
le choisi d'entre tous
notre gardien d'étoiles
tu es l'innocence oubliée
tu es le vent du soir
qui siffle à l'oreille
de celui qui sait
qu'il va mourir
tu es la tempête nécessaire
tu es l'amour
donne ta force au monde
n'aies pas peur du vide
car c'est le vide qui t'a enfanté
écoute l'appel du vent
le murmure du silence
goûte les plis de l'air
emplis-toi des odeur fortes
de la terre
respire la beauté secrète
inscrite en toute chose
puise ta force dans l'obstacle
ne crains ni l'aveugle
ni le sourd
car ils sont sages
regarde avec ton âme
et laisse-toi convaincre
que la brisure
peut être douce
tu es le chasseur de lumière
le choisi d'entre tous
notre gardien d'étoiles
tu es l'innocence oubliée
tu es le vent du soir
qui siffle à l'oreille
de celui qui sait
qu'il va mourir
tu es la tempête nécessaire
tu es l'amour
donne ta force au monde
jeudi 1 novembre 2007
Mots dits...
Dans la marge insolite
du chemin des mémoires
j’aurai voulu graver
ces mots nomades
et ces non-dits
ces lettres imparfaites
et sauvages
que la vie désavoue
dans la griserie de la vitesse
les sentiments sont acculés
dénoncés
il n’y a plus de nuit privée
où le cœur cogne
sous les mots sourds
et l’habitude castratrice
met de l’ordre
dans les amours illicites
la communication
ne se fait plus qu’en termes codés
et dans la clandestinité
nous sommes en partance
pour nulle part
nos promesses
nos désirs
sont hiérarchisés
nous ne faisons plus de halte
dans le commencement
d’éternelle nuit
nos yeux
sont cernés de solitude
nos mots aseptisés
sont déjà bâillonnés
avant qu’ils ne soient cris
ces mots qui ne sont rien
si tu ne les sais pas
du chemin des mémoires
j’aurai voulu graver
ces mots nomades
et ces non-dits
ces lettres imparfaites
et sauvages
que la vie désavoue
dans la griserie de la vitesse
les sentiments sont acculés
dénoncés
il n’y a plus de nuit privée
où le cœur cogne
sous les mots sourds
et l’habitude castratrice
met de l’ordre
dans les amours illicites
la communication
ne se fait plus qu’en termes codés
et dans la clandestinité
nous sommes en partance
pour nulle part
nos promesses
nos désirs
sont hiérarchisés
nous ne faisons plus de halte
dans le commencement
d’éternelle nuit
nos yeux
sont cernés de solitude
nos mots aseptisés
sont déjà bâillonnés
avant qu’ils ne soient cris
ces mots qui ne sont rien
si tu ne les sais pas
mardi 30 octobre 2007
Le cinquième jour...
Chante ma belle chante
tu es née de l'eau et du vent
on ne sait pas quoi faire des femmes telles que toi
il faut beaucoup de temps pour les comprendre
beaucoup de temps pour les aimer
elles sont si différentes.
Parfois
elles disparaissent
sans que l'on ait senti
ce qui en elles est précieux
sauras-tu attendre ?
sauras-tu ne pas partir ?
Chante ma belle
griffe l'air de tes mots
accroche-les aux branches des arbres
tu ne sais pas encore que ton chant est inutile
tu es si jeune
lorsque comme moi
les rides marqueront ton visage
tu comprendras peut-être.
Ta voix alors sera rauque
et tu n'auras plus de larmes
ni de mots
tu resteras sur la berge
à regarder passer les barques
espérant toujours
celle qui ne viendra pas.
Chante encore tant que tu peux
c'est le meilleur remède
à ce que tu ignores
chante ma belle
chante...
tu es née de l'eau et du vent
on ne sait pas quoi faire des femmes telles que toi
il faut beaucoup de temps pour les comprendre
beaucoup de temps pour les aimer
elles sont si différentes.
Parfois
elles disparaissent
sans que l'on ait senti
ce qui en elles est précieux
sauras-tu attendre ?
sauras-tu ne pas partir ?
Chante ma belle
griffe l'air de tes mots
accroche-les aux branches des arbres
tu ne sais pas encore que ton chant est inutile
tu es si jeune
lorsque comme moi
les rides marqueront ton visage
tu comprendras peut-être.
Ta voix alors sera rauque
et tu n'auras plus de larmes
ni de mots
tu resteras sur la berge
à regarder passer les barques
espérant toujours
celle qui ne viendra pas.
Chante encore tant que tu peux
c'est le meilleur remède
à ce que tu ignores
chante ma belle
chante...
dimanche 28 octobre 2007
De mémoire...
Dans l'immensité des temps
un jour arrive une femme
elle s'installe avec son paquet de linges et de livres
près d'un abri de pierres au bord du chemin.
Elle ne parle jamais
et offre son sourire à chacun qui passe.
A longueur de journées
elle pétrit de grosses poignées de terre
qu'elle prend sous elle
et qu'elle laisse glisser de ses mains
en petites rigoles fines.
Un jour passe un homme
qui lui demande d'où elle vient et ce qu'elle fait.
Elle ne répond pas
lui offre son sourire
et ses yeux se mettent à briller.
L'homme trouve cela étrange
et interroge encore.
La femme ne dit rien
la terre coule de ses doigts
l'homme passe son chemin.
Et les jours filent
comme la terre entre les doigts de la femme.
Et le temps passe
chargé de soleil
de pluies
d'orages et de vents
mais jamais la femme ne bouge.
Asssise
elle caresse la terre.
Un autre jour
un vieillard s'arrête
lui demande ce qu'elle attend.
Elle ne répond pas
offre son sourire
ses yeux brillants.
Le vieillard insiste
la femme griffe la terre
ne dit rien.
Bien plus tard
quand bien des lunes se sont succédées dans le ciel
arrivent une femme et son enfant.
Elles s'installent avec la femme
ne demandent rien.
Avec elle
elles caressent la terre
la creusent
la font couler de leurs mains
en petites rigoles.
Quand il fait très noir
si noir que l'on ne peut plus voir
mais seulement entendre et sentir
la mère pose la main sur le front de la femme
"une main posée juste est souvent plus importante qu'une caresse"
Et la petite fille ajoute
"je te donne cette herbe dure pour percer la souffrance qui est dans ta gorge et t'a rendue muette"
La femme sent la fraîcheur de la main
comme une brise calme
elle croque l'herbe dure
respire de toute sa force
dit
"je me suis installée ici car mon amour dort à jamais dans le trou sur lequel je suis assise
je le caresse
je le réchauffe
je lui parle et je l'écoute
dans l'infini du temps
j'apprends la souffrance d'être seule"
Et l'enfant répond
"ton amour est mort mais toi tu es vivante
tes cheveux sont doux
ton souffle est chaud
de rester ainsi à pétrir la terre
tu l'empêches de sentir la chaleur du soleil
et toi tu te flétris
tu dois te remettre en marche
dans la souvenance de lui
mais dans l'en-vie de toi"
La femme sent alors tout l'amour du monde monter en elle
elle pleure des larmes brûlantes
qui coulent à l'intérieur d'elle. Puis elle se lève
prend son paquet de linges et de livres
se met en route
et disparaît.
Depuis ce jour
un iris violet fleurit chaque année dans la terre
à l'endroit précis
où elle était assise.
A Diane.
un jour arrive une femme
elle s'installe avec son paquet de linges et de livres
près d'un abri de pierres au bord du chemin.
Elle ne parle jamais
et offre son sourire à chacun qui passe.
A longueur de journées
elle pétrit de grosses poignées de terre
qu'elle prend sous elle
et qu'elle laisse glisser de ses mains
en petites rigoles fines.
Un jour passe un homme
qui lui demande d'où elle vient et ce qu'elle fait.
Elle ne répond pas
lui offre son sourire
et ses yeux se mettent à briller.
L'homme trouve cela étrange
et interroge encore.
La femme ne dit rien
la terre coule de ses doigts
l'homme passe son chemin.
Et les jours filent
comme la terre entre les doigts de la femme.
Et le temps passe
chargé de soleil
de pluies
d'orages et de vents
mais jamais la femme ne bouge.
Asssise
elle caresse la terre.
Un autre jour
un vieillard s'arrête
lui demande ce qu'elle attend.
Elle ne répond pas
offre son sourire
ses yeux brillants.
Le vieillard insiste
la femme griffe la terre
ne dit rien.
Bien plus tard
quand bien des lunes se sont succédées dans le ciel
arrivent une femme et son enfant.
Elles s'installent avec la femme
ne demandent rien.
Avec elle
elles caressent la terre
la creusent
la font couler de leurs mains
en petites rigoles.
Quand il fait très noir
si noir que l'on ne peut plus voir
mais seulement entendre et sentir
la mère pose la main sur le front de la femme
"une main posée juste est souvent plus importante qu'une caresse"
Et la petite fille ajoute
"je te donne cette herbe dure pour percer la souffrance qui est dans ta gorge et t'a rendue muette"
La femme sent la fraîcheur de la main
comme une brise calme
elle croque l'herbe dure
respire de toute sa force
dit
"je me suis installée ici car mon amour dort à jamais dans le trou sur lequel je suis assise
je le caresse
je le réchauffe
je lui parle et je l'écoute
dans l'infini du temps
j'apprends la souffrance d'être seule"
Et l'enfant répond
"ton amour est mort mais toi tu es vivante
tes cheveux sont doux
ton souffle est chaud
de rester ainsi à pétrir la terre
tu l'empêches de sentir la chaleur du soleil
et toi tu te flétris
tu dois te remettre en marche
dans la souvenance de lui
mais dans l'en-vie de toi"
La femme sent alors tout l'amour du monde monter en elle
elle pleure des larmes brûlantes
qui coulent à l'intérieur d'elle. Puis elle se lève
prend son paquet de linges et de livres
se met en route
et disparaît.
Depuis ce jour
un iris violet fleurit chaque année dans la terre
à l'endroit précis
où elle était assise.
A Diane.
samedi 27 octobre 2007
De mémoire...
La cendre sur le coin du pavé
a cet air dérangeant
des choses déplacées
les choses sont là où elles sont
sans souci de rangement
aucun
dans une espèce de langueur
dans une espèce de force
elles sont là
les arrondis
les angles
les verres
les bois
les terres
les lisses
les lâches
les taches
sont là sans aucun sens
si puissants de n'être rien
a cet air dérangeant
des choses déplacées
les choses sont là où elles sont
sans souci de rangement
aucun
dans une espèce de langueur
dans une espèce de force
elles sont là
les arrondis
les angles
les verres
les bois
les terres
les lisses
les lâches
les taches
sont là sans aucun sens
si puissants de n'être rien
jeudi 25 octobre 2007
Au détour du chemin elle se trouve là, immobile, longue et raide comme une brindille, à peine visible, à demi dissimulée qu'elle est par le vieux cyprès.
Elle attend, toujours à la même place, celui qui veut la voir sait qu'elle ne bouge pas, qu'elle est là toutes les nuits depuis que le monde est monde.
Inlassablement elle lave des os.
Elle les gratte, elle les polit.
Parfois, elle ne fait rien et regarde simplement tous ceux déjà alignés devant elle.
Il y en a des centaines, comme autant d'histoires.
On ne sait pas d'où viennent ces os.
Certains disent qu'elle va les chercher à l'intérieur d'elle-même.
Pour celui qui s'arrête c'est le début d'un autre temps.
Il choisit un os et l'histoire commence.
La femme brindille raconte pendant trois mots ou trois heures et cela ne dépend pas de la taille de l'os choisi.
Elle regarde longuement celui qui s'apprête à l'écouter.
Elle respire son visage, ses lignes.
Elle décrypte des signes connus d'elle seule.
Il y a toujours un peu d'inquiétude à ce moment là et celui qui est venu ne sait plus très bien s'il doit rester.
Mais cela ne dure pas.
Il sent soudain une vague de confiance déferler en son âme et il ferme les yeux.
La femme brindille casse alors l'os en morceaux minuscules qu'elle mastique.
Elle le grignote, le lèche, le ronge mais jamais ne l'avale.
Les miettes d'os tournent dans sa bouche et c'est leur musique qui donne l'histoire.
Chacun entend ce qu'il peut entendre, jamais trop, jamais trop peu, juste à sa mesure.
Ce qu'il est suffisant pour lui de connaître à ce moment précis où il est venu se rencontrer.
Il n'y a jamais de signe que c'est fini.
Mais celui qui est venu sait qu'il peut partir.
Il ouvre les yeux et suit un moment l'inlassable geste de nettoiement de la gardienne d'os.
Pas un mot n'est échangé.
Pas une parole.
Il n'y a entre les deux -celui qui est venu et celle qui est là- que ce qui est suffisant.
Exactement cela.
Ni plus, ni moins.
Elle attend, toujours à la même place, celui qui veut la voir sait qu'elle ne bouge pas, qu'elle est là toutes les nuits depuis que le monde est monde.
Inlassablement elle lave des os.
Elle les gratte, elle les polit.
Parfois, elle ne fait rien et regarde simplement tous ceux déjà alignés devant elle.
Il y en a des centaines, comme autant d'histoires.
On ne sait pas d'où viennent ces os.
Certains disent qu'elle va les chercher à l'intérieur d'elle-même.
Pour celui qui s'arrête c'est le début d'un autre temps.
Il choisit un os et l'histoire commence.
La femme brindille raconte pendant trois mots ou trois heures et cela ne dépend pas de la taille de l'os choisi.
Elle regarde longuement celui qui s'apprête à l'écouter.
Elle respire son visage, ses lignes.
Elle décrypte des signes connus d'elle seule.
Il y a toujours un peu d'inquiétude à ce moment là et celui qui est venu ne sait plus très bien s'il doit rester.
Mais cela ne dure pas.
Il sent soudain une vague de confiance déferler en son âme et il ferme les yeux.
La femme brindille casse alors l'os en morceaux minuscules qu'elle mastique.
Elle le grignote, le lèche, le ronge mais jamais ne l'avale.
Les miettes d'os tournent dans sa bouche et c'est leur musique qui donne l'histoire.
Chacun entend ce qu'il peut entendre, jamais trop, jamais trop peu, juste à sa mesure.
Ce qu'il est suffisant pour lui de connaître à ce moment précis où il est venu se rencontrer.
Il n'y a jamais de signe que c'est fini.
Mais celui qui est venu sait qu'il peut partir.
Il ouvre les yeux et suit un moment l'inlassable geste de nettoiement de la gardienne d'os.
Pas un mot n'est échangé.
Pas une parole.
Il n'y a entre les deux -celui qui est venu et celle qui est là- que ce qui est suffisant.
Exactement cela.
Ni plus, ni moins.
mercredi 24 octobre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
toute seule dans la salle de bain
j'ai coupé mes cheveux tout de travers
Maman a crié
tes boucles d'amour
qu'en as tu fait ?
mais moi je ne suis pas jolie je le sais
tout le monde le dit derrière mon dos
- regardez-la avec ses grands yeux qui lui mangent le visage
et cette bouche qui ne sourit jamais
heureusement qu'elle a ses cheveux
pour se cacher
ses beaux cheveux
belles boucles d'amour -
je ne veux pas me cacher
je veux qu'on les voie
mes yeux dérangeants
et ma bouche
qui sait mordre
oh ! si bien
c'est drôle les cheveux
ça vous habille
et quand on n'en a plus
les gens croient
qu'on se promène toute nue
toute seule dans la salle de bain
j'ai coupé mes cheveux tout de travers
Maman a crié
tes boucles d'amour
qu'en as tu fait ?
mais moi je ne suis pas jolie je le sais
tout le monde le dit derrière mon dos
- regardez-la avec ses grands yeux qui lui mangent le visage
et cette bouche qui ne sourit jamais
heureusement qu'elle a ses cheveux
pour se cacher
ses beaux cheveux
belles boucles d'amour -
je ne veux pas me cacher
je veux qu'on les voie
mes yeux dérangeants
et ma bouche
qui sait mordre
oh ! si bien
c'est drôle les cheveux
ça vous habille
et quand on n'en a plus
les gens croient
qu'on se promène toute nue
lundi 22 octobre 2007
De mémoire...
Je m’appelle Isoha
sous ma peau d’âge
fanée
erre une ombre
d’enfance
qui titube
assoiffée d’eau maternelle
sous ma peau d’âge
fanée
erre une ombre
d’enfance
qui titube
assoiffée d’eau maternelle
samedi 20 octobre 2007
De mémoire...
pierre monochrome
sol refermé
terre bleue
lune brûlante
visage pétri d’années
la mémoire se fait un passage
dans les instants refroidis
conjugue aube et crépuscule
ajoute nuit à nuit
incision d’encre
dans le matin clair
sol refermé
terre bleue
lune brûlante
visage pétri d’années
la mémoire se fait un passage
dans les instants refroidis
conjugue aube et crépuscule
ajoute nuit à nuit
incision d’encre
dans le matin clair
jeudi 18 octobre 2007
mercredi 17 octobre 2007
De mémoire...
Je me fragmente
face au miroir
ricochets
échardes
peurs
je me disperse
os en poussière
rêves
chagrins
rumeurs
je m’absorbe
m’effrite
labyrinthes
hasards
cris
face au miroir
ricochets
échardes
peurs
je me disperse
os en poussière
rêves
chagrins
rumeurs
je m’absorbe
m’effrite
labyrinthes
hasards
cris
mardi 16 octobre 2007
De mémoire...
Le temps se détisse
s’étrécit
se résorbe
il émiette l’écho
d’un chant dans la nuit
il bouscule
et recueille le silence
s’échappe des étreintes
trébuche
prend la parole
fait couler sa mélodie
dans l’abîme de la solitude
s’étrécit
se résorbe
il émiette l’écho
d’un chant dans la nuit
il bouscule
et recueille le silence
s’échappe des étreintes
trébuche
prend la parole
fait couler sa mélodie
dans l’abîme de la solitude
lundi 15 octobre 2007
De mémoire...
Elle est devant la page
écrite à l’encre rouge
un soupir
elle sait profondément
que lever les yeux
provoquerait l’assèchement de la vie
écrite à l’encre rouge
un soupir
elle sait profondément
que lever les yeux
provoquerait l’assèchement de la vie
dimanche 14 octobre 2007
samedi 13 octobre 2007
De mémoire...
Je m’appelle Isoha
ma vie me quitte très souvent
me revient de loin en loin
encombrée d’émotion
douce comme un mensonge
banale et violente
mon âme s’abstrait
dans l’éternité
du sommeil et des pierres
ma vie me quitte très souvent
me revient de loin en loin
encombrée d’émotion
douce comme un mensonge
banale et violente
mon âme s’abstrait
dans l’éternité
du sommeil et des pierres
vendredi 12 octobre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
reliée à un fil
cordon ténu
lame tendue
mots froissés
divagances
mon âme glacée
s'en va
par petits bouts
de rire
reliée à un fil
cordon ténu
lame tendue
mots froissés
divagances
mon âme glacée
s'en va
par petits bouts
de rire
jeudi 11 octobre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
je creuse un petit trou dans la terre
avec mon doigt
chaque instant me rapproche
d'un espace que je ne connais pas
j'écorche ma main
à l'arête d'un silex
un peu de sang
se perd dans l'argile
je ne bouge plus
je reste immobile
dans l'humidité nourricière
je creuse un petit trou dans la terre
avec mon doigt
chaque instant me rapproche
d'un espace que je ne connais pas
j'écorche ma main
à l'arête d'un silex
un peu de sang
se perd dans l'argile
je ne bouge plus
je reste immobile
dans l'humidité nourricière
mardi 9 octobre 2007
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
je voyage
pas très loin
juste à l'intérieur
sur mes petits chemins de vie
passées
et a-venir
je sème des petits cailloux
des étoiles filantes
un deux trois
soleil
je voyage
pas très loin
juste à l'intérieur
sur mes petits chemins de vie
passées
et a-venir
je sème des petits cailloux
des étoiles filantes
un deux trois
soleil
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
je cherche mes racines
mes mots ont été violés
mes gestes
mes sourires aussi
un rêve
pour qu'il existe vraiment
faut-il qu'il soit oublié ?
je cherche mes racines
mes mots ont été violés
mes gestes
mes sourires aussi
un rêve
pour qu'il existe vraiment
faut-il qu'il soit oublié ?
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
je ne suis pas d'ici
je dois oublier ce qui s'est passé ailleurs
effacer les contours de ma peur
je veux habiter dans mon rêve
retrouver le vertige
le grand élan des secondes
je dis que c'est un rêve
par prudence
pour que l'on ne me pose pas de questions
mais je sais
que c'est l'une de mes sept vies
je ne suis pas d'ici
je dois oublier ce qui s'est passé ailleurs
effacer les contours de ma peur
je veux habiter dans mon rêve
retrouver le vertige
le grand élan des secondes
je dis que c'est un rêve
par prudence
pour que l'on ne me pose pas de questions
mais je sais
que c'est l'une de mes sept vies
De mémoire...
Je m'appelle Isoha
souvent je fais ce rêve
je suis enfermée dans une maison de verre
sur la plage
je danse
un piano s'insinue dans ma mémoire
les vagues viennent cogner
jusque sur mes hanches
je m'approche du vide
laisse glisser ma main sur le ciel
le piano s'éloigne
le temps tout entier devient écart
je reste longtemps face à la mer
debout
un pied se soulève
puis l'autre
comme une danse folle
et je ris tout bas
une vague immense
franchit la vitre du ciel et je me réveille
j'essuie mes larmes
du revers de la main
souvent je fais ce rêve
je suis enfermée dans une maison de verre
sur la plage
je danse
un piano s'insinue dans ma mémoire
les vagues viennent cogner
jusque sur mes hanches
je m'approche du vide
laisse glisser ma main sur le ciel
le piano s'éloigne
le temps tout entier devient écart
je reste longtemps face à la mer
debout
un pied se soulève
puis l'autre
comme une danse folle
et je ris tout bas
une vague immense
franchit la vitre du ciel et je me réveille
j'essuie mes larmes
du revers de la main
lundi 8 octobre 2007
D'un sage Amérindien...
Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour vivre.
Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses rêver la réalisation de ce que tu portes dans le cœur.
Je ne suis pas intéressé par ton âge.
Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l’Amour, de tes rêves et de l’aventure qu’est la vie.
Je ne suis pas intéressé à savoir quelles planètes sont en carré avec la lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre tristesse, si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermé par peur d’une peine prochaine.
Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l’amoindrir ou l’arrêter.
Je veux savoir si tu peux être dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l’extase te remplir complètement, jusqu’au bout de tes doigts et de tes orteils sans nous dire de faire attention, d’être réaliste et de ne pas oublier les limites de l’être humain.
Je ne suis pas intéressé à savoir si ce que tu me dis est vrai.
Je veux savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour rester vrai avec toi-même et si tu peux supporter d’être accusé de trahison et ne pas trahir ton âme.
Je veux savoir si tu peux être fidèle et donc digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux vivre avec les échecs, les miens ou les tiens, et pourtant continuer à te tenir debout au bord du lac en criant à la pleine lune argentée « oui ».
Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as appris, où tu l’as appris et qui te l’a enseigné.
Je veux savoir ce qui te nourrit de l’intérieur lorsque tout s’effondre autour de toi.
Je veux savoir si tu peux rester seul avec toi-même, et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide.
Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses rêver la réalisation de ce que tu portes dans le cœur.
Je ne suis pas intéressé par ton âge.
Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l’Amour, de tes rêves et de l’aventure qu’est la vie.
Je ne suis pas intéressé à savoir quelles planètes sont en carré avec la lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre tristesse, si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermé par peur d’une peine prochaine.
Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l’amoindrir ou l’arrêter.
Je veux savoir si tu peux être dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l’extase te remplir complètement, jusqu’au bout de tes doigts et de tes orteils sans nous dire de faire attention, d’être réaliste et de ne pas oublier les limites de l’être humain.
Je ne suis pas intéressé à savoir si ce que tu me dis est vrai.
Je veux savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour rester vrai avec toi-même et si tu peux supporter d’être accusé de trahison et ne pas trahir ton âme.
Je veux savoir si tu peux être fidèle et donc digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux vivre avec les échecs, les miens ou les tiens, et pourtant continuer à te tenir debout au bord du lac en criant à la pleine lune argentée « oui ».
Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as appris, où tu l’as appris et qui te l’a enseigné.
Je veux savoir ce qui te nourrit de l’intérieur lorsque tout s’effondre autour de toi.
Je veux savoir si tu peux rester seul avec toi-même, et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide.
vendredi 5 octobre 2007
jeudi 4 octobre 2007
De mémoire...
Elle creuse
elle déracine
elle gratte
elle fouille la terre
la sueur s'en va couler
fines gouttelettes
embruns de larmes
à genoux
comme en prière
jusqu'au soir
elle boit le soleil
elle déracine
elle gratte
elle fouille la terre
la sueur s'en va couler
fines gouttelettes
embruns de larmes
à genoux
comme en prière
jusqu'au soir
elle boit le soleil
De mémoire...
Elle s'étend parfois de tout son long
ventre contre terre
et respire l'air
jusqu'à sentir les étoiles
elle est alors dans les entrailles du monde
lovée dans une mer cachée
annulée
corps en jachère
morceau de peau
griffé
écorché
traversé
par la brise tiède
elle ne se relève pas
reste sans souffle
épuisée
délivrée
pacifiée
ventre contre terre
et respire l'air
jusqu'à sentir les étoiles
elle est alors dans les entrailles du monde
lovée dans une mer cachée
annulée
corps en jachère
morceau de peau
griffé
écorché
traversé
par la brise tiède
elle ne se relève pas
reste sans souffle
épuisée
délivrée
pacifiée
mercredi 3 octobre 2007
dimanche 30 septembre 2007
samedi 29 septembre 2007
De mémoire...
Les mots tombent
volent
s’engouffrent
me reviennent à la figure
me dérangent
gifles insolites et non désirées
Il y a quelque chose en moi
hors du temps des mots
que je dois bousculer
Immobilité
Violence
Et le silence autour qui m’enveloppe
Je perds le sens des images et des sons
Les phrases sont comme hachées
découpées
Inutiles
J’ai envie de points de suspension
Ecrire devient un rituel de patience
De veille
De grande décision
volent
s’engouffrent
me reviennent à la figure
me dérangent
gifles insolites et non désirées
Il y a quelque chose en moi
hors du temps des mots
que je dois bousculer
Immobilité
Violence
Et le silence autour qui m’enveloppe
Je perds le sens des images et des sons
Les phrases sont comme hachées
découpées
Inutiles
J’ai envie de points de suspension
Ecrire devient un rituel de patience
De veille
De grande décision
jeudi 27 septembre 2007
mercredi 26 septembre 2007
dimanche 23 septembre 2007
samedi 22 septembre 2007
jeudi 20 septembre 2007
mercredi 19 septembre 2007
lundi 17 septembre 2007
"Impossible est impossible"...
Je connais des gens qui prennent la vie en horreur sous l'étrange prétexte que le monde leur déplaît.
Comme si le monde et la vie étaient sortis jumeaux du même ventre.
Le monde n'est que le lieu où la vie s'aventure.
Il est rarement accueillant. Il est même, parfois, abominable.
Mais la vie…
L'enfant qui apprend à marcher, c'est elle qui le tient debout.
La femme qui apprend les gestes de l'amour, c'est elle qui l'inspire.
Et le vieillard qui flaire devant lui les brumes de l'inconnaissable, affamé d'apprendre encore, c'est elle qui tient ses yeux ouverts.
Elle est dans la force de nos muscles, dans nos élans du coeur, nos poussées de sève, notre désir d'être et de créer sans souci de l'impossible.
"Impossible est impossible!"
Voilà ce que dit la vie.
Avez-vous déjà vu une touffe d'herbe verte sortir toute étonnée d'une fente dans le bitume?
Henri GOUGAUD « Les sept plumes de l’aigle »

Toujours cette même fatigue
le ciel est rouge les dernières lumières du jour sont mangées
par la nuit qui vient
je regarde cette déclinaison
plantée là dans l'herbe
il y a comme une gravité dans ce rituel du soir
comme un symbole du finissement des choses
ne rien y voir d'autre que cela
et le prendre dans sa totale splendeur
samedi 15 septembre 2007
vendredi 14 septembre 2007
mardi 11 septembre 2007
De mémoire...
La vie glisse sur une étendue de silence
et parfois
se heurte,
sans raison aucune,
sur des marges invisibles,
imprévues,
posées là comme pour nous éveiller d’un sommeil trop lourd.
Il faut s’appliquer alors à retrouver le nom des choses
pour qu’elles reprennent leur juste place,
en leur centre.
Un désarroi étrange se pose sur notre cœur,
nous faisant vivre comme au ralenti,
éloignés de nous-mêmes.
Nous ne sommes jamais préparés à cela
et restons sans défense à nous regarder nous perdre
dans le vide.
Quand la vie a mal, les mots trébuchent.
et parfois
se heurte,
sans raison aucune,
sur des marges invisibles,
imprévues,
posées là comme pour nous éveiller d’un sommeil trop lourd.
Il faut s’appliquer alors à retrouver le nom des choses
pour qu’elles reprennent leur juste place,
en leur centre.
Un désarroi étrange se pose sur notre cœur,
nous faisant vivre comme au ralenti,
éloignés de nous-mêmes.
Nous ne sommes jamais préparés à cela
et restons sans défense à nous regarder nous perdre
dans le vide.
Quand la vie a mal, les mots trébuchent.
De mémoire...
La vie est comme un secret bien gardé.
On cache en soi de vieilles blessures, cicatrices indélébiles malgré le temps, on ne s’en nourrit pas mais on sait qu’elles existent, talismans boucliers qui nous éloignent souvent de nous-mêmes.
Comment sentir alors qui de nous est nous,
comment percevoir le souffrant du vivant,
comment ne pas basculer du côté si attirant de la mort de l’âme ?
La réponse est-elle dans le souffle du vent,
dans le scintillement d’une étoile,
dans la transparence d’une goutte de rosée le matin ?
Peut-être faut-il réapprendre à regarder…
On cache en soi de vieilles blessures, cicatrices indélébiles malgré le temps, on ne s’en nourrit pas mais on sait qu’elles existent, talismans boucliers qui nous éloignent souvent de nous-mêmes.
Comment sentir alors qui de nous est nous,
comment percevoir le souffrant du vivant,
comment ne pas basculer du côté si attirant de la mort de l’âme ?
La réponse est-elle dans le souffle du vent,
dans le scintillement d’une étoile,
dans la transparence d’une goutte de rosée le matin ?
Peut-être faut-il réapprendre à regarder…
lundi 10 septembre 2007
De mémoire...
La poupée est assise.
Elle sourit, grimace figée dessinée sur la porcelaine de son visage.
Sa robe de princesse est tachée, la dentelle s’effiloche et il lui manque trois doigts à la main droite.
Autour d’elle est entassé un capharnaüm d’objets, vestiges d’un royaume, d’un passé glorieux
Une passoire en aluminium cabossée,
Un panier de pique-nique en osier dont l’un des abattants est arraché,
Un seau en plastique privé d’anse,
Des bocaux de verre aux contenus douteux,
Une valise en carton éventrée,
Un balai de sorcière,
Quelques livres sans couverture…
Elle sourit, grimace figée dessinée sur la porcelaine de son visage.
Sa robe de princesse est tachée, la dentelle s’effiloche et il lui manque trois doigts à la main droite.
Autour d’elle est entassé un capharnaüm d’objets, vestiges d’un royaume, d’un passé glorieux
Une passoire en aluminium cabossée,
Un panier de pique-nique en osier dont l’un des abattants est arraché,
Un seau en plastique privé d’anse,
Des bocaux de verre aux contenus douteux,
Une valise en carton éventrée,
Un balai de sorcière,
Quelques livres sans couverture…
De mémoire...
Parler du temps presque libre de l’enfance.
Du saut à la corde et de la marelle où, très vite, il fallait passer de la terre au ciel en poussant du pied un petit caillou rond.
Des tartines mordues à pleine bouche, du rire et de l’insouciance.
Il faudrait pouvoir retrouver ce temps et l’envie de sauter toujours plus haut, courir toujours plus loin, à chaque passage à vide.
Convoquer les images de la robe qui vole, des genoux égratignés, de la balançoire et des parties de cache-cache dans l’arbre creux.
Accueillir, presque avec grâce, l’enfant intérieur qui brille au-dedans de nous.
Du saut à la corde et de la marelle où, très vite, il fallait passer de la terre au ciel en poussant du pied un petit caillou rond.
Des tartines mordues à pleine bouche, du rire et de l’insouciance.
Il faudrait pouvoir retrouver ce temps et l’envie de sauter toujours plus haut, courir toujours plus loin, à chaque passage à vide.
Convoquer les images de la robe qui vole, des genoux égratignés, de la balançoire et des parties de cache-cache dans l’arbre creux.
Accueillir, presque avec grâce, l’enfant intérieur qui brille au-dedans de nous.
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