Je m'appelle Isoha je sais le chant primordial qui relie je sais les masques les parures les détournements de sens je sais l'inassouvi l'inquiètude le tremblement je vais à l'écoute de la musique intérieure qui me ramène au monde
Je m'appelle Isoha dans la pierre il y a tout le pouvoir de ma sorcière intérieure je la garde au fond de ma poche blanche elle me rassure Le ciel et l'enfer ne me font pas peur ce sont juste des mots qui claquent il faut descendre à l'intérieur pour se souvenir des mémoires oubliées fils bleus tissés d'un amour infini entremêlés mailles déchirées signes de ruptures puis noués ensemble par d'aimantes Pénélopes gardiennes du secret de vie
Petite nocturne de Chopin s’égrène dans l’aube calme le vent est tombé rien ne demeure que la résonance obscure du silence pas de mots pas de fenêtres Les murs sont hauts peut- être douloureux il faut toucher l’air avec la bouche et ne pas s’attendrir la courbe de ta hanche posée comme un blasphème sur le drap chaud encore si simple si vivante si vraie
C'est un temps vide de temps de sens de vie âme en peine gisante éclairée par la lune début d'une errance où les mots n'ont pas cours la force vient de là à petits pas elle nourrit
Elle commence par perdre le sourire ombre rase qui longe les murs puis se vide de mots inutiles et trop bavards sa bouche muette s'étire devient ligne de hasard tendue comme un fil de soie elle se dit qu'elle pourrait fondre devenir flaque peau plus diaphane encore disparaître dans le ventre de l'univers
vendredi 9 novembre 2007
Fragment de pierre sur la ligne de coeur tombé petite résonnance de l'intérieur
Ô mon bel enfant n'aies pas peur du vide car c'est le vide qui t'a enfanté écoute l'appel du vent le murmure du silence goûte les plis de l'air emplis-toi des odeur fortes de la terre respire la beauté secrète inscrite en toute chose puise ta force dans l'obstacle ne crains ni l'aveugle ni le sourd car ils sont sages regarde avec ton âme et laisse-toi convaincre que la brisure peut être douce tu es le chasseur de lumière le choisi d'entre tous notre gardien d'étoiles tu es l'innocence oubliée tu es le vent du soir qui siffle à l'oreille de celui qui sait qu'il va mourir tu es la tempête nécessaire tu es l'amour donne ta force au monde
Dans la marge insolite du chemin des mémoires j’aurai voulu graver ces mots nomades et ces non-dits ces lettres imparfaites et sauvages que la vie désavoue dans la griserie de la vitesse les sentiments sont acculés dénoncés il n’y a plus de nuit privée où le cœur cogne sous les mots sourds et l’habitude castratrice met de l’ordre dans les amours illicites la communication ne se fait plus qu’en termes codés et dans la clandestinité nous sommes en partance pour nulle part nos promesses nos désirs sont hiérarchisés nous ne faisons plus de halte dans le commencement d’éternelle nuit nos yeux sont cernés de solitude nos mots aseptisés sont déjà bâillonnés avant qu’ils ne soient cris ces mots qui ne sont rien si tu ne les sais pas