Dans la marge insolite
du chemin des mémoires
j’aurai voulu graver
ces mots nomades
et ces non-dits
ces lettres imparfaites
et sauvages
que la vie désavoue
dans la griserie de la vitesse
les sentiments sont acculés
dénoncés
il n’y a plus de nuit privée
où le cœur cogne
sous les mots sourds
et l’habitude castratrice
met de l’ordre
dans les amours illicites
la communication
ne se fait plus qu’en termes codés
et dans la clandestinité
nous sommes en partance
pour nulle part
nos promesses
nos désirs
sont hiérarchisés
nous ne faisons plus de halte
dans le commencement
d’éternelle nuit
nos yeux
sont cernés de solitude
nos mots aseptisés
sont déjà bâillonnés
avant qu’ils ne soient cris
ces mots qui ne sont rien
si tu ne les sais pas
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