dimanche 9 septembre 2007

De mémoire...

Elle quitte ses hardes, corps griffé, pour enfiler la robe.
Vent sur la peau, douceur de l’air comme un second souffle.
Du temps a passé depuis que, petite, elle regardait sa mère , la transformation de sa mère, assise devant le double miroir.
Jamais un sourire.
Elle est vielle maintenant elle aussi, rides incrustées, tenaces, sillons de vie, traces de toutes les heures silencieuses et mortes.
Ses doigts engourdis tâtent l’étoffe, la froissent, la lissent .
Il pleut des larmes à travers son corps. Il pleut des mots qu’elle étrangle dans un hoquet.
A côté d’elle il y a une autre qui la regarde, silencieuse, et veille au peu de mots. Elle en a semé pourtant des petits cailloux blancs et ronds pour ne pas se perdre.

Mais l’herbe a poussé, les chemins se sont arrêtés comme autant de voies sans issue, elle ne reconnaît plus rien à son monde.
Dans tout ce qu’elle fait, elle ne fait qu’attendre, le corps et l’âme comme déboîtés l’un de l’autre.
Des pierres et du sable sur la langue.
Elle a soif de retrouver sa vie et si peur de se perdre.

Aucun commentaire: